
En juin 2002 le gouvernement israélien a
pris la décision de construire un mur de séparation dans les districts
du nord de la Cisjordanie. Le tracé fut cependant étendu petit à petit,
de sorte que maintenant toute la frontière entre Israël et le Territoire
Palestinien est recouvert par la "Barrière de Sécurité". Il s'agit
d'une zone tampon de 50 mètres de large, entourée de systèmes de clôture
barbelée, munie, par endroits, d'un mur de béton gris haut de 8 mètres.
Israël affirme que cette Barrière est nécessaire pour assurer la sûreté
des citoyens israéliens, dans la mesure où elle protège des attaques
terroristes. Des mesures similaires de protection ont été prises à Gaza
mais n'ont cependant pas rempli leur rôle: avant la seconde intifada,
deux kamikazes sont entrés en Israël par la Bande de Gaza en dépit de
l'érection d'un mur à cet endroit en 1994. Cela laisse songeur quant à
l'efficacité de ce genre de mesure de protection. Néanmoins, Israel
annonce un déclin significatif de la violence exercée contre les
citoyens israéliens depuis le commencement de la construction du mur.
Pour les Palestiniens, le Mur a complètement détruit la continuité du
tissu social dans la région parce qu'il parcourt en zigzag la
Cisjordanie, faisant des territoires palestiniens une sorte de mosaïque
dans laquelle les villages, les familles et les champs sont séparés les
uns des autres. C'est ainsi que de nombreuses personnes sont coupées de
tout accès aux soins médicaux, à l'emploi et à l'éducation.
L'existence de plus de 78 villages
palestiniens est menacée et 280.000 palestiniens (qui représentent
12% de la population palestinienne) sont séparés de leurs terres par le
mur.
Plus de six cents maisons palestiniennes
ont été détruires ou démolies pour la construction du mur. 80% du
mur est situé à l'intérieur du territoire palestinien. Il annexe de
facto 46% de la Cisjordanie (et de facto 90% (!) du district de
Jérusalem). Cela lui valu le surnom de "mur de l'apartheid". Avec la
démarcation unilatérale d'une nouvelle frontière, la construction du mur
et la destruction concomitante de maisons civiles, Israël viole le droit
international de plusieurs manières.
Le mur est clairement illégal selon les
droits de l'homme internationaux et le droit humanitaire
international (IHL). Une décision de la Cour Internationale de Justice
(CIJ), émise le 9 Juillet 2004, est parvenue à la même conclusion: elle
affirme que "la construction du mur par Israël (...) et le régime qui
lui est associé, sont contraires au droit international." Israel,
cependant, a déclaré explicitement qu'il n'acceptera aucune décision de
la CIJ concernant le mur:
De plus la CIJ a affirmé que "tous les
Etats sont dans l'obligation de ne pas reconnaître la situation illégale
résultant de la construction du mur et de ne pas porter aider et
assistance au maintien de la situation créée par une telle
construction."
Mais la communauté internationale n'a pas réussi à
condamner le mur. Les Ministres des Affaires Etrangères de divers pays
européens ont fait part de leurs préoccupations, mais l'Union Européenne
elle-même n'a élevé aucune condamnation ni pris de mesure concrète
respectant les lignes de la décision de la CIJ.
Les Etats-Unis sont
même allés plus loin en donnant à Israël des assurances certaines selon
lesquelles ils opposeraient leur veto contre toute action menée par le
Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour appliquer la décision de la
CIJ.
De nombreuses personnes protestant
contre le mur, venues du monde entier, se rassemblent pour montrer
leur soutien au peuple palestinien et élever le niveau de conscience
international concernant ce problème. Des manifestations non violentes
hebdomadaires ont été tenues pour lutter pour l'arrêt du mur. De même
que l'ancien mur de Berlin, le mur de la Cisjordanie est devenu un
important outil de communication symbolique avec le monde extérieur. Les
artistes professionnels, les pacifistes, les touristes et les
Palestiniens ont tous décoré de nombreuses parties du mur avec des
slogans et des images exprimant la tristesse, la colète et parfois
l'ironie, reflétant ainsi l'espoir du peuple palestinien que le Mur sera
bientôt abattu. Israel confirme que le mur devrait être compris comme
une mesure temporaire et qu'il sera démantelé aussitôt que la situation
sécuritaire le permettra. Les sceptiques mettent cependant en doute la
sincérité de cette annonce et font remarquer qu'il est très improbable
de voir Israël débourser environ 2 milliards de dollard pour une
construction qui n'aurait pas l'ambition de parvenir aux générations à
venir.

Faits:
Longueur: plus de 650 km 400 miles à
l'intérieur de la Cisjordanie
Hauteur: 8 mètres – deux fois l'ancien Mur de Berlin
Prix: 2-3 million de $ US par km – 1,5-2 milliards de $ US au
total
78 villages palestiniens isolés
604 maisons palestiniennes démolies ou démantelées
Superficie de la Palestine historique restant aux Palestiniens:
12%
Annexion de facto de la Cisjordanie: 46% (annexion de facto du
district de Jerusalem: 90%)
Palestiniens séparés de leur terre: 280 000
Morts de civils palestiniens liées à la construction du mur: 553 au
total en 2005
Quelques images du Mur




